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Cire Trudon : de l'ancien régime à Instagram, un savoir-faire qui dure

Cire Trudon : de l'ancien régime à Instagram, un savoir-faire qui dure

Presque quatre cent ans après l'arrivée du maître cirier Charles Trudon à Paris, la prestigieuse Maison éponyme, intime des cours royales et impériales françaises, conserve un savoir-faire artisanal qui fait son identité.

Cire Trudon : de l'ancien régime à Instagram, un savoir-faire qui dure
Crédit : Cire Trudon

Le 14 mai 1643, Louis XIII succombe à la maladie de Crohn et laisse le trône du royaume de France à son fils ainé, futur Louis XIV, "l'enfant du miracle" né après 23 ans de mariage du défunt avec son épouse Anne d'Autriche. La même année, à l'aune du règne du Roi Soleil, le marchand Claude Trudon arrive à Paris et devient propriétaire d’une boutique de la rue Saint-Honoré. Épicier, il est aussi marchand graissier ou cirier et fournit à ses clients des chandelles pour l’éclairage domestique et des cierges pour la paroisse.

Le maître ouvre rapidement ainsi une première petite manufacture familiale éponyme et transmet son art à son fils, Jacques qui entrera à la cour de Versailles, sous le titre d’apothicaire distillateur de la reine Marie-Thérèse. En 1737, c'est au tour de Jérôme Trudon de dorer le blason d'une Maison de plus en plus prestigieuse en rachetant l’une des plus célèbres fabriques de cire de l’époque, la Manufacture Royale de Cire. Trudon fournit alors la cour de Louis XV et les grandes églises de France. Presque trois cent ans plus tard, le savoir-faire Trudon, récompensé par une médaille d'or à l'exposition universelle de 1889, reste intact. Parce qu'il n'a eu de cesse d'évoluer.

La Maison, qui possède aujourd'hui deux boutiques à Paris, une à New-York, Londres et Séoul, s'est spécialisée dans les bougies parfumées. Buste, cloche, promeneuse, vaporisateur et parfums complètent l'univers de Cire Trudon, dont toutes les bougies sont fabriquées dans les ateliers normands du Perche selon un processus artisanal pérennisé au fil des siècles. "Rien n’est éternel, certaines choses durent plus que d’autres. Notre société s’intéresse paradoxalement à une certaine notion de lenteur. La bougie incarne à son échelle cette valeur redécouverte", nous explique Julien Pruvost, directeur exécutif de Cire Trudon.

Parfumer, apprêter, couler, centrer, couper, protéger : voilà les six étapes d'un art qui depuis sa définition dans l’Encyclopédie raisonnée des sciences, des arts et des métiers de 1762. "À toute époque, nous avons cherché à atteindre une qualité irréprochable et reproductible puisque toujours engagé dans la fabrication de produits pour le quotidien plus ou moins extraordinaire des uns et des autres", dixit Julien Pruvost. Expliquer un savoir-faire c’est aussi conter un héritage, un patrimoine.

"Nous disposons de tellement d’éléments historiques et le fait de pouvoir venir observer la fabrication, nous dispense de conter au sujet de notre savoir-faire. Nous ne racontons pas d’histoires lorsqu’il est question des composants et de l’assemblage de nos produits. Tout est concret. De mon point de vue déformé, j’ai toujours l’impression que la partie historique, ou marque si vous voulez, est acquise et que tout est sans cesse à faire au niveau du produit, mais je suis tout le temps rappelé au fait que l’un ne fonctionne pas sans l’autre, c’est d’ailleurs toute la beauté et l’attrait de Trudon", développe le directeur exécutif de la marque.

Si la fabrication artisanale de cierges tend à disparaître, le moulage en cire de pièces complexes, comme par exemple les bustes Trudon, revit grâce à une nouvelle offre de produits. Sont-ils réservés au marché du luxe et ses cibles ? "Je ne pense pas. Je croise régulièrement nos clients et même si je reconnais certaines catégories socialo-culturels, je trouve que l’ensemble est relativement hétérogène. C’est une vraie satisfaction.", répond Julien Pruvost.

Publié le 28 août 2018
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